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Je vous invite à parcourir mes carnets, à embarquer pour un voyage à la découverte des sept continents et au-delà. Laissez-vous porter par la beauté du monde, et n’ayez pas peur de croiser quelques étincelles de magie et trois grammes de facéties.

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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 19:48

A l'époque dont je vous parle, le pays était divisé en une multitude de royaumes. Ils avaient tous leur château fort, quelques murailles, un seigneur, une dame, des chevaliers, troubadours, paysans, meuniers, parfois un géant, parfois une montagne, toujours des loups dans la forêt et des fantômes à la nuit tombée.

Dans tout ce fatras, un seul royaume se distinguait. Le seigneur y avait nom Gaspard. On n'en savait pas de plus habile dans l'art de jardiner; son château dominait un océan de champs et de verges.

La dame, sage Ariane, élégante et élancée, rendait justice et tissait maints traités de paix. Sa porte était ouverte à tous les manants, sorcières, jongleurs et poètes, qu'ailleurs hors-la-loi on nommait.

Dame, seigneur et saltimbanques furent de fameux professeurs pour l'unique enfant du château, demoiselle Constance. Comme elle grandit ! A sept ans elle imitait le chant des oiseaux des bois et des marais. A treize, elle appelait les étoiles par leurs noms secrets. A seize années passées, elle soignait en trois langues les maux des bêtes et des hommes.

Mais voyez ce qui intéressait les chevaliers des royaumes d'à côté : elle était jeune, belle, riche, et un jour maîtresse d'un château entouré de blé. Deux petits royaumes un font un grand, une bonne raison pour s'épouser.

Le jour de ses dix-huit ans, les demandes en mariage affluèrent de toutes parts, le royaume en fut submergé.

Le lendemain apporta une nouvelle marée, et le surlendemain davantage. Constance se noyait dans les présents, colifichets, bouquets, déclarations rimaillées et rubans dorés. Chaque minute il lui fallait éconduire un nouveau prétendant. En trois jours, elle en perdit sa voix.

Gaspard se rongeait les sangs. Sa fille ne pouvait pourtant pas épouser un de ses rustres dépités qui piétinaient ses parterres de rosiers. Dame Ariane tremblait pour ses traités de paix. Qu'arriverait-il si un chevalier vexé prenait les armes pour se venger ? On pourrait bien organiser un tournoi, ou une quête avec dragon et main de la belle à la clef pour décourager les chevaliers, mais c'étaient la solutions bien cruelles pour une demoiselle.

Constance était avisée.

  • Mon père, ma mère, dit-elle, laissez moi épouser celui qui m'offrira un cadeau vraiment particulier, une chose unique et suscitant un grand émerveillement. Celui qui réussira aura prouvé son courage, son audace et sa subtilité.

Père et mère l'approuvèrent. Consigne fut donnée ; quand l'été deux fois serait passé, les chevaliers reviendraient présenter leur cadeau à la demoiselle. Une seule chance leur était accordée, et celui qui séduirait le cœur de la belle obtiendrait sa main.

Les étés passèrent. Gaspard fit construire un grand dais dans son plus beau verger. Le jour dit, dès l'aube Constance examina en silence tous les cadeaux qu'on lui apporta. Toute la population s'était rassemblée pour regarder, car les chevaliers ne se contentaient pas de soumettre leurs présents. Ils en montraient l'usage, et détaillaient les raisons de leur choix. Ce fut une belle journée.

Il y eut un chevalier qui prétendit gagner comme à la guerre. Il avait apporté une poudre noire, qui, se vanta-t-il, pouvait abattre n'importe quelle muraille. Autorisation lui fut donnée de la tester sur un moulins abandonné. Trois grains noirs plus tard, patatra, le moulin avait disparu dans le bruit et la fumée, la foule s'était dispersée terrorisée. Constance le regarda d'un air navré.

Un autre présenta en grande pompe une carte du monde très extraordinaire. Tous les royaumes connus et leur drapeaux flottants au vent, les terres inconnues nimbées de brume, les océans tourbillonnant et les sommets enneigés, tout cela enfermé en un mince parchemin. Et ce n'était pas tout encore, ici et là calligraphié on lisait « trésors », « dragons », « dangers », « pays de faerie ». Gageons que dame Ariane aurait bien choisit ce cadeau là, tant ses yeux brillaient quand elle le regardait.

Ce jour-là on vit aussi un des fameux automates d'Albert le grand, deux pierres philosophales qui suscitèrent de grands débats, une girafe que Gaspard voyait avec inquiétude s'approchait des pommiers, de l'encre brillant dans la nuit, une presse d'imprimerie. Constance n'avait toujours pas choisi.

La nuit tombée quand le dernier chevalier s'avança. Il était fort jeune et timide, on l'entendit à peine quand il commença à parler 

  • Chevalier Raoul pour vous servir. J'avais pensé, Madame, vous ramener un morceau de Lune, car les poètes nous disent qu'un seul de ces éclats est propre à ravir le cœur d'une femme. Voilà deux ans que je parcoure la Terre, et la Lune je n'ai pas trouvé.

Rires et moqueries fusèrent dans la foule si bien que le chevalier dut se taire. Constance avait du mal à ne pas sourire en le voyant rougir de la tête au pied.

  • Continuez monsieur, lui dit dame Ariane, seriez vous venu si vous n'aviez rien à nous montrer ?

Le chevalier acquiesça et dévoila un petit pot de terre, et dans le pot de terre une mince tige, de grandes feuilles vertes, et trois fleurs bien fermées.

  • Voyons, dit le seigneur en se penchant, il me semble que c'est... une... un... Vraiment je ne vois pas !

  • Cette plante, seigneur, vient d'au-delà des mers. Je l'ai trouvé blotti sur un rocher, après avoir traversé une forêt si dense que le jour s'y perdait. Les montagnes là-bas sont si hautes qu'on ne voit pas le sommet, et les villages brillent comme recouverts d'or. Mais cette fleur est le seul trésor que j'ai ramené.

Se tournant vers Constance, Raoul ajouta,

  • Ceci Madame, est le reflet de la lune que je vous offre. Si vous voulez bien ordonner qu'on éteigne les torches, je vous le montrerais.

Les torches furent éteintes. Sans un mot, Constance prit le pot et scruta la plante. L'obscurité fut bientôt telle qu'elle ne pouvait rien distinguait. Et puis, lentement, les fleurs commencèrent à éclore, et une lumière perlée inonda leurs corolles. Gaspard tremblait sous sa couronne, Ariane avait les larmes aux yeux, tous retenaient leur respiration.

  • Les fleurs se faneront chaque matin, remplacées par des boutons qui n'ouvrent qu'à la nuit tombée. Il leur faut de l'eau, de l'attention et fort peu de soleil, dit le chevalier.

  • Je sais, répondit Constance, que mon père saurait cultiver n'importe quelle plante de nos contrées. Mais sur une plante aussi étrange, votre savoir dépasse le sien. Il me siérait que vous nous l'enseigniez, et nous parliez encore de votre long périple.

Ainsi Constance choisit son chevalier.

Le mariage eut lieu peu de temps après, et fut mémorable par bien des aspects. Les protégés de Dame Ariane rivalisèrent d'adresse dans les jeux et les chants. Gaspard supervisa les bouquets de fleurs et une armée de cuisiniers. La nuit venue, avec un peu de poudre noire subtilisée au chevalier, et quelques uns de leurs précieux métaux, les magiciens peignirent des étoiles dans le ciel.

Pourtant, rien ne fut plus beau que de voir, peu de temps après, comment le château rayonnait dans l'obscurité, car ses douves et ses remparts étaient couverts de la petite fleur qui avait bien prospéré. Il devint une veilleuse pour les enfants apeurés, un phare pour les voyageurs égarés, un réconfort dans la nuit noire.

Le temps passe, et le royaume, Constance, Raoul, Ariane et Gaspard, sont depuis longtemps oubliés. Du château il ne reste qu'une tour, croulant sous les feuilles vertes.

Oh, mais si vous pouviez la voir, lorsque le soleil est couché !

 


 

Par Twinkle - Publié dans : Contes d'étoiles
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 20:09

Cette année, pour recevoir le conte de Noel il faut m'envoyer un mail. 

A vos claviers, ce n'est pas très compliqué

Bonnes fêtes!

Par Twinkle
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 22:38

Une sortie pour petits et grands parisiens; l'exposition araignées à la grande galerie de l'exposition. Vous ne serez pas déçu...

http://araignees.mnhn.fr/

 

contribution-de-l-esag-penninghen-a-l-exposition-au-fil-des.jpg


Une histoire d'araignée

 

C’était une petite araignée très commune: un ventre marron, huit pattes graciles, pas venimeuse pour deux sous. Les gens savants l’appelaient Uloboridae quand ils s’intéressaient à elle, mais ce nom ne lui plaisait pas vraiment. Leur manière surtout de prononcer l’italique l’agaçait beaucoup.

Pour lui faire plaisir, ses amis l’appelaient Lyrae. Ils la trouvaient un peu toquée. La petite Lyrae s’obstinait à ne sortir que la nuit, et encore, au lieu de chasser sérieusement, elle fixait fixer une étoile. C’était un passe-temps plutôt risqué. A trop regarder le ciel elle n’en voyait pas venir les prédateurs! Heureusement, ne sortir que la nuit la protégeait au moins du terrible balai et les humains n’osaient pas la toucher.

- Araignée du soir espoir, chantonnaient-ils en la voyant.

Pauvre Lyrae! C’est vrai qu’elle était folle, complètement amoureuse de cette étoile qui remplissait le ciel. La petite araignée était d’un bon naturel, mais sa passion la rendait nerveuse. Elle vouait à une haine farouche aux nuages qui lui cachaient sa bien-aimée, et à la lune qui lui faisait de l’ombre. Ses amis la taquinaient, mais ils étaient un peu inquiets.

- A force de ne rien manger, répétaient-ils, tu vas devenir si légère que le moindre souffle t’enverra droit dans ton étoile, tu seras bien avancée!

Est-ce une de ces moqueries qui planta une idée bizarre dans le petit cerveau de Lyrae? Elle commença à penser que peut être elle pourrait bien monter jusque là-haut. La petite araignée élabora toutes sortes de plans rocambolesques. Son favori consistait à envoyer un de ses précieux fils de soie sur le sol étoilé et à le grimper tranquillement. Cela paraissait possible, après tout elle arrivait déjà sans peine à grimper en haut de la grande armoire.

Il lui fallait prendre des forces se dit-elle. Lyrae sembla délaisser son rêve et reprit un rythme de vie raisonnable. On la vit soucieuse d’avoir une alimentation équilibrée, et elle ne dédaigna aucune occasion de se mesurer avec les autres araignées. Ses amis en furent ravis. Il ne la voyait pas s’entraîner en cachette. Lyrae tentait chaque jour d’envoyer un minuscule fil de soie vers le ciel. Au début, ses efforts furent peu concluants, mais chaque jour le fil grandissait un peu plus, et un jour…. Le fil de soie invisible resta fermement ancré dans le sol de l’étoile! Lyrae faillit s’étouffer de joie. Mais c’était vraiment une araignée très obstinée, car au lieu de se précipiter vers le ciel, elle s’obligea à préparer soigneusement la suite de son voyage. Elle entreprit de tisser un petit sac de soie pour envelopper toute une cargaison de gouttes d’eau et de moucherons. Elle comptait hâler le sac derrière elle, car qui sait ce qu’elle trouverait à manger sur une terre étrangère?

Enfin tout fut prêt pour l’ascension. Au début du voyage, le fil tremblait dans l’atmosphère, et dès que Lyrae jetait un oeil vers le bas elle se sentait défaillir. Au bout de six jours la petite araignée se sentit mieux; elle ne distinguait plus très bien la Terre, et le fil restait plus calme. Elle se sentait même très légère et regrettait presque de ne pas avoir pris plus de provisions. Il fallu exactement vingt et un jours pour atteindre l’étoile. Le vingt et unième jour, Lyrae poussa un grand soupir de joie, ferma les yeux, et posa délicatement une patte sur la surface brillante tant convoitée.

Aie aie aie. Quelle chaleur insupportable! La douleur était telle que la pauvre petite araignée en lâcha son fil et tomba pitoyablement vers la Terre.

La chute fut plus courte que l’ascension, et Lyrae n’eut la vie sauve que parce qu’elle retomba miraculeusement sur le coussin de la chaise longue du jardin. Elle était si choquée qu’elle resta là plusieurs jours, sans songer à se cacher, tremblante et démoralisée. Une chance que les humains ne sont pas là, car elle aurait été écrasée plus d’une fois. C’est sur le coussin que sa grand-mère la découvrit enfin. C’était une vieille araignée ridée, qui aimait beaucoup son nom d’Uloboridaeen italique. Elle se piquait d’être une grande savante. Pour le moment elle était surtout en colère, cela faisait presque un mois qu’elle cherchait son idiote de petite fille. Quand elle eut fini de crier et que Lyrae put lui raconter sa mésaventure, la vieille Uloboridae resta perplexe. Quelque chose l’intriguait dans cette histoire.

Ce fut une période sombre pour les araignées. Lyrae passait ses journées prostrée dans un recoin pendant que sa grand-mère arpentait la maison en marmonnant des choses incompréhensibles, s’arrêtant parfois pour fixer l’étoile d’un air menaçant. Beaucoup croyaient que la vieille Uloboridaeavait hérité de la folie de sa petite fille. Leur opinion aurait été confortée s’ils l’avaient vu l’autre jour, pousser un cri de victoire et foncer à toute vitesse vers le recoin de Lyrae.

- Nous sommes deux idiotes fut sa première parole, et elle enchaîna sur une longue démonstration qui laissa Lyrae indifférente. Pourtant, la petite araignée finit par lever la tête, et même par sourire. Elle avait compris ce que sa grand-mère racontait: le fil de soie n’avait pas brûlé. La solution était évidente. En un temps record, Uloboridae tricota seize chaussettes montantes en soie épaisse, pendant que Lyrae partait en chasse constituer un nouveau stock de provisions. Avec ces chaussettes il n’y aurait plus de problème pour arpenter l’étoile sans se brûler!

Pourquoi seize chaussettes? En vérité Lyrae avait réussi à contaminer Uloboridae. Contre tout bon sens la vieille avait décidé de participer à l’aventure. A la première nuit de beau temps, les deux araignées s’engagèrent sur le petit fil de soie, les pattes soigneusement enveloppées dans leurs chaussettes, traînant derrière elles de gros sacs de provisions. Le voyage fut un peu plus long que la première fois car Uloboridae n’avait plus les pattes de sa jeunesse. Lorsque enfin les deux petites araignées arrivèrent au pied de l’étoile, Lyrae poussa un grand soupir.

- Grand-mère dit-elle, ça devrait être à toi de faire le premier pas, car nous n’y serions jamais arrivées sans toi. Mais si ça devait mal tourner, je préfère que ce soit moi qui…

Elle n’eut pas le temps de finir. Uloboridaejaillit devant elle en hurlant “Géronimo” et atterri sur la surface de l’étoile. Pendant un bref instant, les deux araignées se regardèrent, puis la grand-mère éclata de rire et se mit à gambader.

- Ouille ouille ouille, ça chatouille! Lyrae s’empressa de la rejoindre dans cette course endiablée.

Au bout de trois mois, les deux araignées avaient fait le tour de l’étoile et de leurs provisions. Quel déchirement ce fut de devoir retourner dans le jardin! Mais la perspective de revoir leurs amis égayait le cœur de Lyrae. Elle commençait à se fatiguer un peu de sa vieille grand-mère. Et elle avait tant d’aventures à raconter! Si elle avait été seule, Lyrae aurait sauté pour arriver plus vite, mais Uloboridaen’était pas si bête.

- Ne crois pas qu’il y ait des matelas douillets prêts à te recevoir dans tous les jardins, répétait-elle en se laissant glisser le long du fil.

Personne ne s’attendait à revoir les araignées. On avait inscrit sans plus de cérémonie leurs noms sur le monument des victimes du balai, et la vie avait continué. Leur retour fut l’occasion d’une grande fête, même si personne ne les croyait. On se souvient encore de la panique provoquée par la malicieuse Uloboridaelorsqu’elle exhiba une miette d’étoile qu’elle avait emmené. Elle faillit mettre le feu à la maison! Mais quel succès! La grand-mère dut illico s’improviser productrice de chaussettes de toutes tailles. Tous voulaient emprunter le fil de l’araignée et visiter l’étoile. Ce fut un aller retour incessant qui continue toujours aujourd’hui.

Par Twinkle
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Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 16:48

DSC03780.JPG

Par Twinkle
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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 17:25

DSC03788.JPG

A vous de voir, ce n'est pas moi qui trahirait le secret...

Quelques photos d'Ecosse pour vous aider à mener l'enquête...

 

Par Twinkle
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